Depuis sa création légale en 2017, le Fonds National de l’Éducation s’est vu confier une mission qui dépasse le cadre administratif : transformer en actes concrets l’exigence constitutionnelle du droit à l’instruction. Cette responsabilité, partagée avec la nation tout entière, ne se mesure pas seulement à l’aune des textes, mais s’éprouve chaque jour dans les écoles, les lycées et les universités du pays.
Le FNE s’efforce de répondre à cette mission avec constance et sens du devoir. L’éducation demeure en Haïti une promesse fragile, sans cesse menacée par la précarité des infrastructures et l’urgence des besoins. Du Grand Nord au Grand Sud, de l’Ouest à l’Artibonite, jusqu’au Centre, chaque zone éducative porte les stigmates de bâtiments détériorés, de salles de cours insuffisantes, d’équipements absents, d’enseignants contraints de travailler dans des conditions précaires. Pourtant, partout, une même volonté se manifeste : offrir à la jeunesse un cadre d’apprentissage digne et sûr.
Les constats sont confirmés par les résultats du Projet d’Appui aux Écoles et Familles d’Élèves Victimes de l’Insécurité (PAEF). Réalisée en mai 2025, l’enquête a recueilli la participation de 6 244 familles et de 422 écoles, avec un taux de réponse supérieur à 98 %. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 38,41 % des enfants recensés sont déscolarisés, essentiellement pour des raisons économiques ; 94,12 % des familles déplacées ont perdu leurs principales sources de revenus ; 9,40 % vivent dans des abris précaires et 97,73 % n’ont reçu aucune aide humanitaire. Du côté des écoles, la vulnérabilité est tout aussi manifeste : 92,89 % des établissements déplacés ne bénéficient d’aucune subvention et 81,04 % n’ont pas de cantine pour nourrir leurs élèves.
C’est dans cette perspective que la Direction Générale du FNE, accompagnée de ses équipes, a multiplié les rencontres avec les responsables d’écoles et d’universités. Ces échanges, déjà menés dans le Grand Sud et le Grand Nord, s’élargissent à l’ensemble du territoire. Partout, la même attente s’exprime : retrouver la confiance dans l’école, restaurer des bâtiments essentiels, doter les étudiants d’outils adaptés, permettre aux enseignants de transmettre dans des conditions acceptables.
Les réponses apportées ne relèvent pas d’annonces spectaculaires, mais d’un travail patient, attentif et coordonné. Des protocoles ont été signés afin de lancer des actions ciblées : réhabilitation de toitures, réaménagement de salles, construction de clôtures, aménagements de cuisines scolaires, installation de mobiliers indispensables. Des gestes sobres, proportionnés aux réalités locales, mais dont l’impact est immédiat sur la vie des élèves et des enseignants.
Le Fonds National de l’Éducation ne cherche pas à masquer les lenteurs ni à ignorer les critiques. Il les accueille comme un rappel nécessaire que la transparence doit demeurer au cœur de l’action publique. Rendre compte, expliquer, montrer, assumer ce qui reste à accomplir : telle est la voie choisie. C’est une démarche qui n’appelle ni complaisance ni triomphalisme, mais une volonté d’honnêteté institutionnelle.
À ceux qui doutent encore, il ne sera pas demandé d’adhérer à des slogans, mais simplement d’observer, d’apprécier les faits, de juger sur pièces. L’éducation n’est pas un domaine où l’on peut se contenter de discours : elle exige des actes visibles, mesurables, vérifiables. C’est sur ce terrain que le FNE entend se tenir.
Dans une société trop souvent ébranlée par la défiance, il importe de rétablir le lien entre institutions et citoyens. L’engagement du FNE à accompagner les écoles et universités, à investir dans les infrastructures et à renforcer les conditions de l’apprentissage s’inscrit dans cette volonté de bâtir un climat de confiance. Non pas pour flatter l’opinion, mais pour rappeler une évidence : éduquer n’est pas un privilège, mais une obligation, et l’État doit en répondre devant la population.
Ainsi se poursuit le travail engagé, non comme une entreprise achevée, mais comme une promesse en mouvement, où chaque toit réparé, chaque salle réhabilitée, chaque cour sécurisée représente une victoire partielle mais nécessaire. Le chemin est long, les attentes sont grandes, les ressources limitées ; mais la détermination demeure. Car il en va, au-delà des bâtiments et des chiffres, de la dignité d’une nation et de l’avenir de ses enfants.